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Rencontre Mohammed ben Salman-Donald Trump: Israël et Iran, deux sujets de divergence entre alliés

Jul 19, 2026  Twila Rosenbaum 28 views
Rencontre Mohammed ben Salman-Donald Trump: Israël et Iran, deux sujets de divergence entre alliés

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman (MBS) effectue sa première visite officielle aux États-Unis depuis 2018, une rencontre très attendue avec le président Donald Trump à la Maison Blanche, ce mardi 18 novembre. Si les deux dirigeants affichent une complicité retrouvée après les tensions liées à l'affaire Khashoggi, les dossiers brûlants du Moyen-Orient révèlent des divergences profondes entre Riyad et Washington, notamment sur la question palestinienne et la place de l'Iran dans la région.

Un retour en grâce après l'affaire Khashoggi

Il y a sept ans, Mohammed ben Salman était considéré comme un paria en Occident après l'assassinat du journaliste dissident Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul. Aujourd'hui, le royaume est redevenu un partenaire indispensable pour les États-Unis et leurs alliés. La visite de MBS à Washington marque un tournant dans les relations bilatérales, d'autant que l'Arabie saoudite a récemment accueilli Trump à Riyad avec des promesses d'investissements colossaux de 600 milliards de dollars. Mais derrière les sourires et les poignées de main, les positions sur les conflits régionaux restent éloignées.

Israël : la condition palestinienne inflexible

L'un des principaux points de friction concerne la normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël. Donald Trump, qui avait parrainé les accords d'Abraham en 2020, espère convaincre Riyad de rejoindre ce processus. Mais MBS a posé une condition claire : la création d'un État palestinien indépendant est un préalable indispensable. « Quand, aujourd'hui, l'Arabie saoudite regarde Israël, elle ne voit pas seulement la guerre à Gaza et l'occupation de la Cisjordanie, elle voit aussi la déstabilisation de toute la région », explique Xavier Guignard, chercheur français invité à l'Académie diplomatique saoudienne.

Cette position est renforcée par la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 après l'attaque du Hamas. Riyad refuse d'offrir une victoire symbolique au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, espérant plutôt une alternance politique après les élections israéliennes de 2026. Le royaume saoudien voit dans le conflit actuel une occasion de réaffirmer son soutien à la cause palestinienne, un pilier de sa légitimité régionale et islamique.

Iran : médiation saoudienne contre ligne dure israélienne

Sur le dossier iranien, les divergences sont tout aussi marquées. L'Iran a subi de lourds revers récents : bombardements israéliens et américains, chute du régime syrien de Bachar el-Assad, affaiblissement du Hezbollah libanais. Donald Trump, qui avait retiré les États-Unis de l'accord nucléaire iranien en 2018, adopte une posture maximaliste. En revanche, l'Arabie saoudite, après des années d'hostilité, a entamé un rapprochement avec Téhéran, facilité par la Chine en 2023.

MBS arrive à Washington avec une proposition de médiation entre l'Iran et les États-Unis. Selon Xavier Guignard, « l'Arabie saoudite souhaite à tout prix éviter une déstabilisation de l'Iran », craignant un chaos régional. Cette approche contraste frontalement avec celle d'Israël, qui verrait d'un bon œil l'effondrement complet de la République islamique. Trump devra donc jongler entre les intérêts de ses deux alliés majeurs.

Syrie : efforts de reconstruction contrariés par les raids israéliens

La Syrie constitue un autre terrain de divergence. Après la chute de Bachar el-Assad, l'Arabie saoudite s'investit massivement pour reconstruire le pays, désormais dirigé par des islamistes sunnites. Riyad voit dans cette reconstruction un moyen de contrer l'influence iranienne et de stabiliser la région. Mais les raids israéliens répétés en territoire syrien compliquent ces efforts, provoquant des tensions avec Tel Aviv.

L'enjeu pour Washington est de maintenir un équilibre entre les ambitions saoudiennes et les préoccupations sécuritaires israéliennes. Trump pourrait tenter de jouer les médiateurs, mais les positions semblent encore éloignées.

Un contexte géopolitique en pleine recomposition

La rencontre MBS-Trump intervient dans un Moyen-Orient bouleversé par les événements des deux dernières années. L'attaque du 7 octobre 2023 a non seulement déclenché une guerre dévastatrice à Gaza, mais a aussi redessiné les alliances. L'Arabie saoudite, sous l'impulsion de MBS, cherche à s'affirmer comme une puissance régionale indépendante, capable de dialoguer aussi bien avec l'Occident qu'avec des rivaux comme l'Iran. Le royaume mise sur une diplomatie pragmatique, tout en restant fidèle à ses principes sur la Palestine.

De son côté, Donald Trump, en pleine campagne pour sa réélection en 2026, voit dans ce sommet une occasion de montrer son leadership sur la scène internationale. Les investissements saoudiens promis sont un atout économique non négligeable, mais les divergences politiques pourraient limiter les annonces spectaculaires.

Quels résultats concrets attendre ?

Les observateurs s'attendent à des avancées sur les dossiers bilatéraux comme la coopération en matière de défense et le nucléaire civil. Les États-Unis pourraient signer un pacte de défense avec Riyad, renforçant leur présence militaire dans le Golfe. Le programme nucléaire civil, soutenu par Washington, vise à diversifier les sources d'énergie saoudiennes, mais soulève des inquiétudes sur la prolifération.

Cependant, sur les sujets régionaux brûlants, les positions devraient rester fermes. L'Arabie saoudite continuera de lier toute normalisation avec Israël à la création d'un État palestinien, une condition que Trump n'est pas en mesure d'imposer à Netanyahu. Quant à l'Iran, la médiation saoudienne pourrait ouvrir une brèche dans la confrontation, mais les chances de succès restent minces face à l'intransigeance israélienne et américaine.

En définitive, cette rencontre illustre la complexité des alliances au Moyen-Orient. Mohammed ben Salman et Donald Trump partagent une vision personnaliste du pouvoir et une volonté de redéfinir les équilibres régionaux, mais leurs intérêts stratégiques divergent sur des questions existentielles. Leurs discussions à la Maison Blanche seront scrutées de près, tant par les capitales arabes que par Tel Aviv et Téhéran.


Source:RFI News


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