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Kane Brown au Centre Vidéotron: est-ce que ça lui tentait vraiment?

Jul 22, 2026  Twila Rosenbaum 14 views
Kane Brown au Centre Vidéotron: est-ce que ça lui tentait vraiment?

Un lancement sans flamme

Kane Brown effectuait sa première visite à Québec, jeudi soir, au Centre Vidéotron. Le public, nombreux et enthousiaste, avait rempli la salle pour accueillir la vedette country. Pourtant, dès les premières notes de « I Am », le titre rock de son plus récent album The High Road, une impression de retenue s'est installée. L'artiste, connu pour son mélange de country traditionnelle et de pop moderne, n'a pas réussi à transmettre l'énergie attendue. La foule, debout dès le début, attendait un signal pour lâcher son enthousiasme, mais celui-ci n'est jamais venu. Il a fallu attendre la quatrième chanson, « Fiddle in the Band », pour sentir un début de communion entre la scène et la salle.

Un contraste frappant avec les premières parties

La première partie, assurée par Scotty McCreery, a offert un contraste saisissant. McCreery, charismatique et énergique, a su établir une connexion immédiate avec le public. Sa performance a rappelé ce que l'on attend d'un artiste country : authenticité, chaleur et interaction. De son côté, Kane Brown semblait se contenter de surfer sur ses succès, sans chercher à créer de véritables moments d'échange. Les rares instants de vie sont venus de son groupe de musiciens solides et d'une passerelle en U qui lui permettait de s'approcher du parterre. Pourtant, même lorsqu'il s'est aventuré au plus près des fans, son attitude distante a nui à l'expérience.

Une mise en scène professionnelle mais froide

Le spectacle bénéficiait pourtant d'une mise en scène des ligues majeures : jeux de lumières, écrans géants, confettis. Mais rien ne remplace l'alchimie humaine. Pendant les ballades, comme « Homesick » et « Haunted », Brown a choisi de grimper sur une structure en escalier à l'arrière de la scène, s'éloignant ainsi du public. Pour « Haunted », une chanson profondément personnelle sur une période sombre de sa vie, ce choix de mise en scène a paru maladroit. Le moment aurait gagné en intensité s'il était redescendu parmi les spectateurs. La connexion émotionnelle, déjà fragile, en a souffert.

Le segment acoustique a offert un peu de répit, notamment lorsque Brown a parlé de son père incarcéré avant de chanter « For My Daughter ». Cette confidence, sincère, a touché l'audience, mais elle est restée trop brève. Le public aurait souhaité davantage de ces instants de vulnérabilité.

Les gros succès en fin de parcours

La dernière demi-heure du concert a été consacrée aux plus gros succès de l'artiste. Il a invité Scotty McCreery et Dasha (l'interprète du tube « Austin ») pour un duo sur « Says I Can ». Puis sont venus « Thank God », « Good As You » et le morceau de résistance, sa collaboration électro-country avec le DJ Marshmello, « Miles On It ». La foule a filmé, les confettis ont voltigé, mais dès les dernières notes, Kane Brown s'est retiré dans sa loge sans profiter des acclamations. Un choix qui a renforcé l'impression que l'artiste n'était pas pleinement investi dans cette soirée.

Un artiste country en pleine ascension

Kane Brown, né en 1993 en Géorgie, a connu une ascension fulgurante dans le monde de la country. Il a été l'un des premiers artistes afro-américains à percer dans ce genre traditionnellement blanc. Son premier album éponyme (2016) a été certifié platine, porté par des hits comme « What Ifs » avec Lauren Alaina. Depuis, il a enchaîné les succès : « Heaven », « Lose It », « Be Like That ». Son style fusionne country, pop et R&B, ce qui lui a valu une base de fans large et variée. Cependant, ses concerts ont parfois été critiqués pour un manque d'interaction. En 2023, lors d'un spectacle à Nashville, des observateurs avaient déjà noté une distance similaire.

Son dernier album, The High Road, sorti en 2024, explore des thèmes personnels comme la paternité et la santé mentale. Il a été bien accueilli par la critique, mais les performances live semblent peiner à transmettre cette profondeur. Le choix de lancer le concert avec le titre rock « I Am » était audacieux, mais l'exécution est restée molle. Brown n'a pas su utiliser l'énergie de la foule, pourtant prête à se déchaîner.

Le contexte de la tournée

Cette tournée canadienne, The High Road Tour, a débuté en mars 2025 avec des dates aux États-Unis. La portion canadienne comprenait des arrêts à Vancouver, Edmonton, Toronto, Québec et Montréal. Le concert de Québec était le seul dans la province en dehors de Montréal. Les billets s'étaient vendus rapidement, preuve de la popularité de l'artiste au Canada. Pourtant, pour plusieurs spectateurs interrogés à la sortie, l'attente était plus forte que la réalité. « On espérait plus de proximité, plus de charisme », confiait une fan.

La décision du Journal de ne pas envoyer de photographe en raison des conditions imposées par l'équipe de Brown (approbation préalable des clichés) a également alimenté les critiques. Certains y ont vu un signe de contrôle excessif, peu compatible avec l'image accessible que l'artiste projette sur les réseaux sociaux.

Comparaisons et attentes

Dans l'univers de la country, l'authenticité et la connexion avec le public sont souvent considérées comme essentielles. Des artistes comme Chris Stapleton, Luke Combs ou Lainey Wilson excellent dans cet art de créer une intimité, même dans de grandes salles. Kane Brown, avec son mélange de genres, attire un public plus pop, mais les attentes en matière de spectacle restent élevées. La soirée du 3 avril a montré que, malgré un pedigree impressionnant et des chansons accrocheuses, l'artiste a encore des progrès à faire pour offrir une expérience mémorable.

Le contraste avec Scotty McCreery en première partie était particulièrement éloquent. McCreery, gagnant d'American Idol en 2011, a bâti sa carrière sur une présence scénique chaleureuse. Il a multiplié les interactions, les sourires et les improvisations. Brown, en comparaire, est resté figé dans un rôle de showman distant. Cela a fait naître la question que plusieurs se posaient en sortant : « Est-ce que ça lui tentait vraiment d'être là ? »

Un bilan mitigé

Au final, le premier concert de Kane Brown à Québec restera comme une occasion manquée. Les fans les plus fidèles ont sans doute apprécié d'entendre leurs chansons préférées dans une acoustique de qualité, mais pour le grand public, il manquait cette étincelle qui transforme un simple concert en une soirée inoubliable. L'artiste repartira peut-être avec une leçon : parfois, la proximité et la vulnérabilité ont plus de valeur que les effets pyrotechniques. Le lendemain, il se produisait au Centre Bell de Montréal, pour la dernière date canadienne. On espère que le public montréalais aura droit à une version plus passionnée de l'artiste.


Source:Le Journal de Montréal News


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