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Corée du Sud : une fan du groupe BTS condamnée pour avoir sonné 133 fois chez Jungkook

Jun 24, 2026  Twila Rosenbaum 15 views
Corée du Sud : une fan du groupe BTS condamnée pour avoir sonné 133 fois chez Jungkook

Une Brésilienne de 28 ans a été condamnée par un tribunal de district de Séoul pour avoir harcelé durant plusieurs mois le chanteur Jungkook, membre du célèbre groupe de K-pop BTS. Elle écope d'un an de prison avec sursis pendant deux ans et risque d'être expulsée de Corée du Sud, rapporte la BBC ce mardi.

Des faits d'une rare intensité

Les faits remontent à décembre dernier. Le 7, la prévenue commence à rôder près de la propriété du chanteur de 28 ans. Elle jette des objets par-dessus les murs, glisse des courriers sous la porte. Interrogée, elle explique agir « par amour ». Quelques jours plus tard, elle revient et sonne 133 fois à la porte. Le 13 décembre, elle tente de se faufiler dans la propriété en profitant de la venue d'un livreur. Elle est interpellée sur le champ.

Relâchée le lendemain avec un simple avertissement, elle ne s'arrête pas là. Elle retourne plusieurs fois au domicile de l'artiste. La police lui notifie alors une interdiction de paraître à moins de 100 mètres de la propriété. Mais elle brave cette mesure à plusieurs reprises. Au total, elle aura approché le domicile à vingt reprises. « Un niveau d'obsession extrême », a estimé le tribunal dans son jugement.

Le phénomène des sasaeng fans

Cette affaire rappelle le fléau des « sasaeng fans », ces admirateurs obsédés qui harcèlent les stars de K-pop. Le terme, contraction du coréen « sasaenghwal » (vie privée) et de l'anglais « fan », désigne des individus capables de tout pour approcher leur idole. BTS, groupe mondialement connu avec des millions d'ARMY (nom de leur fanbase), n'est pas épargné. Jungkook, surnommé « Golden Maknae », est particulièrement visé en raison de sa popularité phénoménale : il compte 66 millions d'abonnés sur Instagram et ses prestations solos cumulent des milliards de vues.

Les sasaeng fans utilisent des méthodes extrêmes : suivre les artistes en taxi, soudoyer des employés d'hôtel pour obtenir des numéros de chambre, ou encore s'introduire dans leur domicile. En 2018, des fans avaient tenté de pénétrer dans l'immeuble des membres de BTS à Séoul. En 2020, un stalker avait été arrêté après avoir envoyé des lettres menaçantes à Jin, un autre membre du groupe. Les agences de divertissement coréennes (HYBE, SM, YG) multiplient les poursuites, mais le phénomène persiste.

Le cadre légal en Corée du Sud

La Corée du Sud a renforcé sa législation contre le harcèlement ces dernières années. Depuis 2021, une loi spécifique punit le stalking de peines allant jusqu'à trois ans de prison ou 30 millions de wons d'amende (environ 20 000 euros). En cas de récidive, la peine peut être alourdie. Les juges peuvent également ordonner des mesures de protection, comme l'interdiction d'approcher la victime, dont la violation est un délit.

Dans cette affaire, la Brésilienne a non seulement harcelé Jungkook mais aussi violé à plusieurs reprises l'interdiction de paraître. Le tribunal a souligné que son « obsession extrême » justifiait une peine ferme, assortie d'un sursis compte tenu de l'absence d'antécédents. L'expulsion, bien que non définitive, est très probable : la prévenue pourra faire appel, mais la justice sud-coréenne est généralement ferme envers les étrangers qui enfreignent la loi.

L'impact psychologique sur les artistes

Les conséquences de ces actes sont lourdes pour les célébrités. Jungkook a souvent évoqué son sentiment d'insécurité face aux intrusions. En 2021, il avait partagé sur Weverse (plateforme de communication avec les fans) qu'il ne se sentait plus en sécurité chez lui. Le stress lié à la peur d'être suivi ou agressé peut entraîner anxiété, troubles du sommeil et dépression. Les groupes de K-pop vivent en communauté, mais les domiciles privés des membres – souvent des appartements haut de gamme – sont des cibles de choix.

BTS, qui a annoncé une pause en 2022 pour que ses membres effectuent leur service militaire, voit certains d'entre eux se lancer dans des carrières solo. Jungkook a sorti plusieurs titres, dont « Seven » en 2023, qui a battu des records de streaming. Son exposition médiatique accrue attire logiquement davantage d'attention, y compris malveillante.

Les précédents judiciaires

Ce n'est pas la première fois qu'un fan de BTS est condamné pour harcèlement. En 2022, une Coréenne avait été condamnée à six mois de prison pour avoir envoyé des messages menaçants à RM, le leader du groupe. En 2023, un homme avait été arrêté après avoir forcé l'entrée du siège de HYBE, la maison de disques de BTS. Enfin, une Chinoise avait été expulsée en 2019 après avoir tenté de monter dans le bus des membres.

Ces affaires montrent que la justice sud-coréenne prend désormais très au sérieux le harcèlement des célébrités. Les peines, même avec sursis, envoient un message dissuasif. L'expulsion, pour un étranger, est une sanction particulièrement lourde puisqu'elle signifie la fin de toute vie en Corée, souvent le rêve de nombreux fans de K-pop venus étudier ou travailler dans le pays.

La réaction de la communauté ARMY

La communauté des fans de BTS, appelée ARMY (Adorable Representative MC for Youth, ou « armée » en anglais), a réagi avec fermeté. Sur les réseaux sociaux, les appels à protéger les artistes se multiplient. De nombreux fans français, coréens et brésiliens ont partagé l'information en demandant que des mesures plus strictes soient prises. Certains ont même proposé de financer une sécurité renforcée autour de Jungkook. Cependant, cette affaire soulève aussi des questions sur la frontière entre passion et obsession, et sur la responsabilité des plateformes qui permettent parfois aux harceleurs de se renseigner sur la vie privée des stars.

Les détails de l'enquête

Les enquêteurs ont retrouvé plusieurs preuves matérielles : des lettres rédigées en anglais et en portugais, des photos du domicile prises avec un smartphone, et des enregistrements vocaux où la femme déclare son amour à Jungkook. Elle a reconnu les faits mais a plaidé l'égarement amoureux. « Je voulais simplement lui faire savoir que je l'aime », a-t-elle déclaré lors d'une audience, avant de fondre en larmes. Le parquet a requis une peine de deux ans de prison, mais le tribunal a réduit la sanction en tenant compte du jeune âge de la prévenue et de son absence d'antécédents judiciaires en Corée. La femme, qui résidait légalement en Corée du Sud avec un visa étudiant, a vu son visa révoqué. Elle devra quitter le territoire une fois sa peine purgée si elle n'obtient pas un sursis supplémentaire.

Le contexte sociétal

En Corée du Sud, le phénomène des sasaeng fans est amplifié par l'hyper-connexion numérique. Les fans peuvent suivre en temps réel les déplacements des stars via les réseaux sociaux, les applications de livraison ou les sites de renseignements. Des entreprises proposent même des services de « traque » de célébrités, ce qui a poussé les autorités à légiférer. En 2022, une nouvelle loi a interdit la vente d'informations personnelles de célébrités, mais son application reste difficile. Les entreprises de divertissement investissent massivement dans la sécurité : caméras de surveillance, gardes du corps, voitures blindées. Malgré cela, des brèches existent, comme en témoigne cette affaire.

Le cas de cette Brésilienne illustre aussi l'internationalisation du phénomène. Les fans étrangers viennent en Corée dans l'espoir de rencontrer leurs idoles, parfois au prix de leur santé mentale et de leur situation légale. Des programmes d'éducation et de sensibilisation sont mis en place par les agences, mais les résultats sont mitigés.

Les mots du tribunal

Dans son jugement, le tribunal a rappelé que « la vie privée et la sécurité des artistes sont des droits fondamentaux qui doivent être protégés par la loi ». Il a ajouté que l'obsession de la prévenue constituait « un danger pour la société » et qu'une peine exemplaire était nécessaire. Le juge a également noté que le nombre de sonneries (133) et la répétition des visites (20) montraient une volonté délibérée de nuire, même sans violence physique. La décision d'expulsion, bien que non automatique, est recommandée pour « des raisons d'ordre public et de sécurité nationale ».

La prévenue dispose de sept jours pour faire appel. Si elle le fait, une nouvelle audience se tiendra. En attendant, elle reste libre sous contrôle judiciaire. Mais son visa étant révoqué, elle ne peut plus travailler ni étudier. Sa famille au Brésil a exprimé son soutien via les médias, tout en condamnant ses actes.

L'avenir de Jungkook

Jungkook, lui, continue sa carrière. Il doit prochainement sortir un album solo et participer à des tournées promotionnelles. Sa sécurité a été renforcée, et HYBE, son agence, a précisé que des poursuites seraient engagées contre tout fan qui enfreindrait la loi. Le groupe BTS, en pause militaire jusqu'en 2025, reste la cible privilégiée de ces phénomènes. Le débat sur la protection des célébrités en Corée du Sud est loin d'être clos, mais cette condamnation marque une étape importante dans la lutte contre les sasaeng fans.


Source:MSN News


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