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Charles Spencer, défenseur de la mémoire de Diana ?

Jun 29, 2026  Twila Rosenbaum 17 views
Charles Spencer, défenseur de la mémoire de Diana ?

En septembre 1997, le monde entier a les yeux rivés sur l'abbaye de Westminster. Sous les voûtes gothiques, Charles, comte Spencer, prononce l'éloge de sa sœur défunte, Diana, princesse de Galles. Sa voix tremble d'émotion lorsqu'il salue « une personnalité complexe, sensible, belle, pleine d'humour et de joie de vivre dont le monde a perçu les faiblesses ». Puis, dans un élan solennel, il s'engage à s'ériger en protecteur de sa mémoire et à prendre soin de ses neveux, les princes William et Harry. Ce discours, diffusé en direct, marque les esprits. Il fait de Charles Spencer le symbole du soutien familial face à la monarchie.

Mais près de trente ans plus tard, que reste-t-il de ces promesses ? Le même Charles Spencer, aujourd'hui âgé de 62 ans, est propriétaire du domaine d'Althorp, dans le Northamptonshire, où repose Diana sur un îlot au milieu d'un étang. Dans la boutique de souvenirs qui accueille des centaines de milliers de visiteurs chaque année, il vend le texte intégral de son discours pour une trentaine d'euros. Intitulé « L'hommage à Diana du comte Spencer », l'ouvrage peut être signé par l'auteur lui-même. Une initiative qui, selon des proches des princes, n'aurait guère de chance d'être approuvée par William et Harry.

Diana Frances Spencer est née le 1er juillet 1961 à Sandringham. Elle devient princesse de Galles en 1981 lors de son mariage avec le prince Charles. Mère de William (né en 1982) et de Harry (né en 1984), elle conquiert le cœur du public par sa beauté, son charisme et son engagement humanitaire. Sa mort tragique dans un accident de voiture à Paris le 31 août 1997 plonge le Royaume-Uni dans un deuil national. Ses funérailles, regardées par plus de deux milliards de personnes, sont l'occasion pour son frère de prononcer ce discours resté célèbre.

Charles Spencer, neuvième comte de la lignée, a souvent été présenté comme le gardien de la mémoire de sa sœur. Pourtant, les faits témoignent d'une réalité plus nuancée. Contrairement à ses déclarations, il n'a jamais eu de liens très proches avec ses neveux. William et Harry, après la mort de leur mère, se sont surtout rapprochés de leur père, le prince Charles, et de leur grand-mère la reine Elizabeth II. Les invitations à Althorp pour les week-ends ou les vacances étaient rares. Les princes n'ont que peu consulté leur oncle et leurs tantes, Lady Sarah McCorquodale et la baronne Jane Fellowes, en dehors des cérémonies officielles d'hommage à Diana.

Les relations se sont encore tendues lorsque la correspondance privée entre Charles Spencer et Diana a été rendue publique. Dans ces lettres, le comte refusait à sa sœur la possibilité de s'installer dans le domaine familial en 1993, après sa séparation d'avec le prince Charles. Sa raison : préserver ses propres enfants de l'attention médiatique. William, alors âgé de 11 ans, aurait été profondément choqué d'apprendre que son oncle avait ainsi éconduit sa mère, alors qu'elle cherchait un refuge. L'image du tonton bienveillant s'est brisée.

Charles Spencer a mené une vie personnelle tumultueuse. Marié quatre fois, il a divorcé de Victoria Aitken (1995), de Caroline Freud (2007) et de Karen Gordon (2022). Sa quatrième épouse, Cat Jarman, est une archéologue norvégienne. Ces mariages successifs, émaillés de guerres juridiques et de scandales, ont terni sa réputation. William, en particulier, désapprouve cette instabilité qui contraste avec l'image de stabilité qu'il cherche à incarner en tant que futur roi.

En juillet 2021, à l'occasion du 60e anniversaire de la naissance de Diana, une statue de la princesse a été dévoilée dans les jardins du palais de Buckingham. William et Harry étaient présents, aux côtés de Charles Spencer. Mais les sourires de façade ne cachaient pas les tensions sous-jacentes. Le comte n'a pas été invité à s'exprimer lors de la cérémonie. Les princes ont souligné que la mémoire de leur mère était entre leurs mains, non dans celles de leur oncle.

Charles Spencer a récemment publié ses mémoires, A Very Private School, dans lesquelles il révèle les violences et le harcèlement qu'il a subis dans un pensionnat anglais. Il explique que ces expériences ont marqué sa vie et expliquent peut-être certains de ses choix. Mais pour les médias britanniques, cet ouvrage est surtout une tentative de redorer son blason, terni par des années de frasques conjugales et d'exploitation commerciale de la mémoire de Diana.

La presse anglaise ne lui fait aucun cadeau. Le Daily Mail a titré : « Le comte Spencer, gardien de la mémoire ou marchand de souvenirs ? ». Le Guardian a publié une analyse pointant l'écart entre ses déclarations solennelles de 1997 et ses actions ultérieures. Même le Sun, pourtant favorable à la famille royale, a estimé que William et Harry étaient les seuls légitimes à défendre l'héritage de leur mère.

En juin 2026, à l'approche du 65e anniversaire de Diana (le 1er juillet 2026), la question se pose avec acuité : qui est le véritable défenseur de sa mémoire ? William, prince de Galles, s'investit dans des causes chères à sa mère, comme la santé mentale et la lutte contre les sans-abri. Harry, bien qu'éloigné de la famille royale, a fondé l'organisation caritative Invictus Games et continue de parler ouvertement de sa mère. Les deux frères ont collaboré pour l'érection de la statue de 2021 et pour la rénovation de la fontaine commémorative à Hyde Park.

Le contraste est saisissant avec leur oncle, qui vend des souvenirs dans sa boutique. Certes, Althorp est un lieu de pèlerinage pour les fans de Diana. Mais le commerce qui en découle a de quoi choquer. Les billets d'entrée (environ 20 £) et les produits dérivés rapportent des millions, une partie étant reversée à la Diana, Princess of Wales Memorial Fund. Cependant, l'image d'un oncle qui fait payer pour voir la tombe de sa sœur passe mal dans l'opinion.

Les princes William et Harry ont appris à se méfier de leur oncle. William a notamment été irrité par la publication, en 2023, d'une interview dans laquelle Charles Spencer évoquait les conséquences du départ de Harry et Meghan. Il y critiquait la monarchie et suggérait que Diana aurait soutenu son fils cadet. Une prise de position que William a jugée inappropriée, estimant que son oncle n'avait pas à s'immiscer dans les affaires de la famille royale.

En 2025, lors du mariage de Lady Kitty Spencer, fille aînée de Charles, avec un héritier italien, William et Kate n'étaient pas présents. Seul Harry avait fait le déplacement, sans Meghan. Les observateurs y ont vu un signe supplémentaire de la distance qui sépare les princes de leur oncle maternel.

En définitive, Charles Spencer a sans doute surestimé sa capacité à veiller sur ses neveux. Ses propres démons, ses divorces, et son sens des affaires ont pris le pas sur les promesses faites sous les ors de Westminster. Aujourd'hui, les Britanniques font davantage confiance à William et Harry pour perpétuer l'héritage de Diana : sa compassion, son engagement contre les mines antipersonnel, son combat pour les malades du sida. Les princes incarnent, chacun à leur manière, les valeurs que leur mère défendait. Charles Spencer, lui, reste le frère qui a parlé avec éloquence, mais dont les actes n'ont pas été à la hauteur des mots.

L'histoire retiendra que Diana fut une princesse des cœurs, aimée du monde entier. Son frère, Charles, fut l'un de ses orateurs les plus fervents, mais aussi l'un des premiers à la décevoir. Peut-être est-ce là la leçon amère de ce récit : les mots les plus forts ne suffisent pas à effacer les faiblesses humaines. La mémoire de Diana reste vivante, mais ses gardiens légitimes sont désormais ses fils, non son frère. Et tandis que le comte Spencer continue de vendre ses souvenirs à Althorp, William et Harry poursuivent, loin des projecteurs, le travail de leur mère.


Source:Parismatch News


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