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Pourquoi Elon Musk veut fusionner Tesla et SpaceX avant la fin du mandat de Trump

Oct 24, 2026  Twila Rosenbaum 4 views
Pourquoi Elon Musk veut fusionner Tesla et SpaceX avant la fin du mandat de Trump

Les faits clés

  • Elon Musk a confirmé que Tesla et SpaceX étudiaient une fusion, sans garantie d'aboutissement.
  • Les deux entreprises valent ensemble environ 3 500 milliards de dollars, soit 3 100 milliards d'euros, ce qui en ferait potentiellement la plus grande fusion de l'histoire.
  • Le projet viserait une annonce au premier semestre 2027 et une finalisation avant janvier 2029, à la fin du mandat de Donald Trump.
  • Des comités d'administrateurs indépendants ont été mis en place pour examiner l'opération.
  • Une fusion devra recueillir le soutien de plus de la moitié des actions Tesla, un seuil que Musk juge élevé.

Un rapprochement à 3 500 milliards de dollars

Elon Musk a confirmé cette semaine que Tesla et SpaceX étudiaient une fusion. L'homme le plus riche du monde a présenté cette piste comme une évolution logique pour deux entreprises de plus en plus liées par leurs projets technologiques. Ensemble, le constructeur de véhicules électriques et la société spatiale valent environ 3 500 milliards de dollars, soit 3 100 milliards d'euros. Une telle opération serait potentiellement la plus grande fusion jamais réalisée.

Selon des personnes proches du dossier, l'objectif serait de mener à bien ce rapprochement tant que Donald Trump est encore président des États-Unis. Le calendrier évoqué prévoit une annonce au premier semestre 2027 et une finalisation avant janvier 2029, date de la fin du mandat présidentiel. Cette fusion couronnerait une série d'opérations qui ont progressivement rapproché les sociétés d'Elon Musk.

Une stratégie de rapprochement entamée depuis dix ans

Une fusion entre Tesla et SpaceX serait le dernier chapitre d'une histoire commencée il y a une dizaine d'années. En 2016, Tesla a racheté SolarCity, un installateur de panneaux solaires dirigé par des cousins d'Elon Musk. L'opération n'a été validée par un tribunal du Delaware qu'après plusieurs années de contentieux, ce qui illustre la sensibilité de ces transactions entre entités liées.

En mars 2025, la start-up d'intelligence artificielle xAI a absorbé X, le réseau social anciennement connu sous le nom de Twitter. Elon Musk avait racheté cette plateforme pour 44 milliards de dollars en 2022. Ce rapprochement a marqué une nouvelle étape dans la concentration de ses actifs au sein d'un ensemble plus intégré.

En février de cette année, SpaceX a absorbé xAI dans une opération qui valorisait le constructeur de fusées à 1 000 milliards de dollars et la société d'intelligence artificielle à 250 milliards de dollars. Cette transaction est intervenue en amont de l'introduction en Bourse de SpaceX. Quatre mois plus tard, SpaceX a fait ses débuts au Nasdaq, levant 85,7 milliards de dollars lors de la plus importante introduction en Bourse de l'histoire.

Pris ensemble, ces accords dessinent un plan de longue haleine visant à regrouper les entreprises d'Elon Musk au sein d'un seul groupe coté. L'intéressé lui-même a évoqué des chevauchements de plus en plus nombreux entre Tesla et SpaceX lors d'une conférence téléphonique sur les résultats en juillet.

Mardi, lors de la présentation des résultats de SpaceX, Elon Musk a indiqué aux analystes que les deux entreprises avaient mis en place des comités composés d'administrateurs indépendants pour étudier une fusion. Il a jugé que c'était une bonne idée, tout en reconnaissant avoir l'impression de danser sur un champ de mines. Cette prudence traduit la complexité d'une opération qui toucherait à la gouvernance, aux participations croisées et à la stratégie industrielle des deux groupes.

L'intelligence artificielle comme moteur industriel

Elon Musk affirme que l'intelligence artificielle déterminera la prochaine étape pour Tesla et SpaceX. Les deux groupes développent déjà Terafab, une usine de puces d'intelligence artificielle au Texas. Ce projet commun montre que les frontières entre les activités spatiales, automobiles et informatiques deviennent de plus en plus floues.

Les voitures autonomes de Tesla et les robots humanoïdes Optimus pourraient profiter de la puissance de calcul que SpaceX s'efforce de construire. La société spatiale prévoit notamment des centres de données en orbite, une infrastructure qui pourrait transformer la manière dont les modèles d'intelligence artificielle sont entraînés et exploités. À terme, la combinaison des capacités de lancement de SpaceX, des véhicules autonomes de Tesla et des puces développées en commun pourrait créer un écosystème industriel intégré.

Cette logique explique pourquoi Elon Musk parle de plus en plus d'un seul ensemble. Les investisseurs seraient invités à valoriser non pas des sociétés séparées, mais une plateforme technologique capable de relier mobilité terrestre, accès à l'espace, intelligence artificielle et fabrication de semi-conducteurs.

Des résultats contrastés qui plaident pour le rapprochement

Les chiffres publiés par les deux entreprises vont aussi dans ce sens. SpaceX a annoncé son premier bénéfice trimestriel depuis son introduction en Bourse, à 4,4 milliards de dollars. Son chiffre d'affaires a bondi de 161 %. En revanche, ses dépenses d'investissement ont atteint 19,6 milliards de dollars sur le trimestre, principalement consacrées à l'intelligence artificielle.

Le lendemain, Tesla a indiqué que son bénéfice net avait chuté de 43 %, à 787 millions de dollars, pour un chiffre d'affaires stable de 28 milliards de dollars. Les livraisons de véhicules ont reculé de 2 %. Dans une entreprise fusionnée, la forte hausse des revenus de SpaceX pourrait compenser les performances plus fragiles de Tesla et offrir une lecture financière plus favorable aux investisseurs.

Fusionner les activités permettrait aussi à Elon Musk de piloter l'ensemble de ses opérations sous une même entité. Il pourrait transférer plus facilement ingénieurs et ressources d'une société à l'autre, sans avoir à publier de nouvelles informations ni à affronter de procès sur des transactions entre parties liées. Cette souplesse opérationnelle constituerait un avantage majeur dans des secteurs où les cycles d'innovation sont très rapides.

Contrôle, gouvernance et rémunération

Le contrôle est un autre avantage potentiel de l'opération. Elon Musk détient environ 48 % de SpaceX et plus de 80 % des droits de vote grâce à des actions spéciales. En revanche, il ne possède qu'environ 20 % de Tesla. Depuis 2024, il explique qu'il n'est pas à l'aise à l'idée de faire de Tesla un leader de l'intelligence artificielle et de la robotique sans disposer d'au moins 25 % des voix.

Une fusion pourrait modifier cet équilibre et renforcer son emprise sur l'ensemble. Elle pourrait aussi l'enrichir, car son plan de rémunération chez Tesla considère que de nombreux objectifs de performance sont atteints si certains types de fusion aboutissent. Ce point suscite naturellement des questions de gouvernance, puisque les actionnaires minoritaires pourraient y voir un conflit d'intérêts.

Les comités d'administrateurs indépendants ont été créés précisément pour examiner ces questions. Ils n'ont pas encore trouvé d'accord sur les termes de l'opération. Elon Musk a prévenu qu'une fusion n'était pas garantie et que les discussions pourraient encore échouer.

Une course contre la montre politique

Le calendrier politique joue un rôle central dans ce projet. L'objectif serait d'annoncer un accord de fusion au premier semestre 2027 et de le finaliser avant la fin du mandat de Donald Trump, en janvier 2029. Conclure l'opération alors que le président américain est encore en fonctions pourrait lui assurer un accueil politique plus favorable, même si elle resterait soumise à un examen attentif des autorités de régulation et des actionnaires.

Elon Musk avait piloté la campagne de réduction des coûts de Donald Trump en 2025 avant une rupture publique. Il s'est depuis réconcilié avec le président américain et est revenu au sein de l'administration. Il est aussi devenu le plus important donateur connu en soutien aux candidats républicains aux élections de mi-mandat du mois prochain, avec plus de 276 millions de dollars versés depuis juillet, selon un porte-parole de son super PAC conservateur.

Une victoire démocrate pourrait entraîner un examen plus strict des contrats fédéraux de SpaceX et du logiciel de conduite autonome de Tesla. SpaceX a d'ailleurs prévenu, dans ses documents d'introduction en Bourse, qu'un changement de majorité au Congrès pourrait avoir un impact significatif et défavorable sur sa croissance et sa position concurrentielle.

Les obstacles restants

Toute opération devra recueillir le soutien de plus de la moitié des actions Tesla. Elon Musk a qualifié ce seuil d'obstacle assez élevé. Les actionnaires de Tesla se réuniront le 3 décembre, même si aucun vote formel sur la fusion n'est encore garanti à cette date. Les discussions entre les comités indépendants se poursuivent et aucun accord définitif n'a été annoncé.

La fusion devra également obtenir les autorisations nécessaires auprès des autorités de régulation. Les marchés suivront attentivement l'évolution des négociations, car une telle opération bouleverserait la structure de l'empire industriel d'Elon Musk. Elle créerait un ensemble capable de combiner transport électrique, intelligence artificielle, robotique et accès à l'espace, tout en concentrant davantage de pouvoir entre les mains de son fondateur.


Source:MSN News


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