
MacKenzie Scott, devenue l'une des femmes les plus riches de la planète après son divorce d'avec le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, a discrètement épousé Dan Jewett, un professeur de sciences d'une école privée de Seattle. L'information a été révélée par une note publiée sur le site du Giving Pledge, une initiative philanthropique qui encourage les grandes fortunes à reverser plus de la moitié de leur patrimoine à des causes caritatives.
Dans cette note datée de samedi, Dan Jewett écrit : « Et maintenant, par un heureux hasard, je suis marié à l'une des personnes les plus généreuses et gentilles que je connaisse, et la rejoins dans son engagement à transmettre une énorme richesse financière pour aider les autres. » Ce témoignage illustre la discrétion qui a entouré cette union, à l'image de la personnalité réservée de MacKenzie Scott, qui préfère laisser ses actions parler pour elle.
Un nouveau chapitre personnel et philanthropique
Dan Jewett enseigne les sciences à la Lakeside School, une prestigieuse école privée de Seattle, dans le nord-ouest des États-Unis. C'est dans cette même école qu'ont étudié Bill Gates, cofondateur de Microsoft, ainsi que les enfants de Jeff Bezos et MacKenzie Scott. Cette proximité avec le monde de la tech et de la philanthropie n'est sans doute pas étrangère à la rencontre des deux époux, partageant des valeurs communes de générosité et d'engagement social.
Le mariage de MacKenzie Scott marque un tournant dans sa vie personnelle, mais aussi dans son parcours philanthropique. Depuis son divorce en 2019, elle a consacré une part considérable de son temps et de sa fortune à soutenir des organisations à but non lucratif, en mettant l'accent sur l'équité raciale, les droits des femmes, l'éducation et la lutte contre la pauvreté. Sa démarche se distingue par une absence de communication médiatique : elle préfère annoncer ses dons via des billets de blog succincts, sans chercher à attirer l'attention sur sa personne.
Une fortune colossale issue du divorce
MacKenzie Scott, 50 ans, doit l'essentiel de sa richesse à son divorce d'avec Jeff Bezos, finalisé en juillet 2019. À l'époque, elle avait reçu l'équivalent de 38 milliards de dollars en actions Amazon, soit 4 % du capital du géant du commerce en ligne. Depuis, la valeur de ces actions a grimpé en flèche, portant sa fortune à environ 53,5 milliards de dollars selon le classement Bloomberg des milliardaires. Ce montant la place au 22e rang mondial, juste derrière certaines des plus grandes fortunes de la planète.
Jeff Bezos, quant à lui, reste l'homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à plus de 200 milliards de dollars, principalement grâce à sa participation dans Amazon et ses autres entreprises, comme Blue Origin et le Washington Post. Le divorce, l'un des plus coûteux de l'histoire, a été mené de manière relativement discrète, les deux ex-époux affichant publiquement une relation cordiale.
L'engagement philanthropique : le Giving Pledge
Le Giving Pledge, fondé par Bill Gates et Warren Buffett, a pour vocation d'inciter les milliardaires à s'engager à donner la majorité de leur richesse de leur vivant ou dans leur testament. MacKenzie Scott a signé cet engagement en 2019, peu après son divorce, promettant de reverser au moins la moitié de sa fortune à des œuvres caritatives. Avec Dan Jewett, elle renforce cet engagement : son nouveau mari a également signé le Giving Pledge, comme en témoigne la note commune publiée sur le site de l'initiative.
Cette promesse n'est pas restée lettre morte. En décembre 2020, MacKenzie Scott a révélé avoir fait don de plus de 4 milliards de dollars à 384 organisations au cours des quatre mois précédents, portant le total de ses donations publiquement connues à environ 6 milliards de dollars. Ses dons sont souvent massifs et sans conditions, ce qui contraste avec les pratiques plus traditionnelles des fondations philanthropiques, qui exigent souvent des rapports détaillés sur l'utilisation des fonds.
Une vie discrète et une carrière d'écrivaine
Avant de devenir l'une des femmes les plus riches du monde, MacKenzie Scott était romancière. Elle a publié deux romans acclamés par la critique : « The Testing of Luther Albright » en 2005 et « Traps » en 2013. Son écriture, souvent décrite comme introspective et subtile, lui a valu des distinctions littéraires. Bien qu'elle ait mis sa carrière d'écrivaine en veilleuse ces dernières années, elle continue de se consacrer à l'écriture et à la lecture, des passions qu'elle partage avec ses enfants.
Son nouveau mari, Dan Jewett, est un enseignant apprécié de ses élèves. Sur le site de la Lakeside School, il est décrit comme un pédagogue dévoué, passionné par les sciences et l'enseignement. Le couple semble partager une vie simple et discrète, loin des projecteurs. Dan Jewett a d'ailleurs précisé dans sa note qu'il avait toujours été un enseignant, et qu'il ne s'attendait pas à ce que sa vie change radicalement, mais qu'il était heureux de soutenir sa femme dans ses projets philanthropiques.
L'impact de ses dons sur le secteur caritatif
Les dons massifs de MacKenzie Scott ont bouleversé le monde de la philanthropie. Contrairement à d'autres milliardaires qui créent leur propre fondation, elle privilégie un modèle direct : elle identifie des organisations efficaces et prometteuses, souvent dirigées par des personnes issues de minorités ou travaillant dans des communautés défavorisées, et leur envoie des chèques sans contrepartie. Cette approche a été saluée par de nombreux acteurs du secteur, qui y voient une manière de réduire les lourdeurs administratives et de donner plus de pouvoir aux bénéficiaires.
Parmi les organisations soutenues figurent des associations luttant contre la pauvreté, des fonds de bourses pour étudiants noirs, des centres de santé pour femmes, et des groupes de défense des droits des immigrants. Chaque vague de dons est accompagnée d'un billet de blog où MacKenzie Scott explique sa philosophie et encourage d'autres riches à suivre son exemple. Elle insiste sur la confiance qu'elle accorde aux bénéficiaires, estimant qu'ils sont les mieux placés pour savoir comment utiliser les fonds.
Les réactions et les critiques
Si l'approche de MacKenzie Scott est largement applaudie, elle suscite aussi quelques critiques. Certains estiment que ses dons, bien que généreux, ne s'attaquent pas aux causes structurelles des inégalités, et que sa fortune même est le produit d'un système économique inégalitaire. D'autres pointent du doigt l'opacité qui entoure ses choix : elle ne révèle pas toujours les critères précis qui guident ses décisions, ce qui peut laisser place à l'arbitraire.
Néanmoins, son influence est indéniable. En 2020, son exemple a inspiré d'autres milliardaires à accélérer leurs dons, et certains experts estiment qu'elle contribue à redéfinir ce que signifie être un philanthrope au XXIe siècle. Son remariage avec Dan Jewett, lui-même désormais engagé dans la philanthropie, ne fait que renforcer cette dynamique.
Un avenir tourné vers le don
Pour MacKenzie Scott, la philanthropie n'est pas une activité secondaire, mais bien une mission de vie. Dans ses déclarations publiques, elle a affirmé qu'elle continuerait à donner jusqu'à ce qu'il ne lui reste qu'une infime partie de sa fortune. Avec son nouveau mari à ses côtés, elle entend poursuivre cet objectif. Dan Jewett, en rejoignant le Giving Pledge, a promis de consacrer une partie de ses propres revenus à des causes caritatives, même si sa fortune personnelle est modeste en comparaison.
Le couple incarne une nouvelle forme de philanthropie, basée sur la discrétion, la confiance et l'impact direct. Alors que le monde fait face à des défis sans précédent – pandémie, changement climatique, inégalités croissantes –, l'engagement de MacKenzie Scott et de son époux offre une lueur d'espoir. Reste à voir si d'autres milliardaires emboîteront le pas, et si cette vague de générosité pourra véritablement transformer les sociétés.
Dan Jewett conclut sa note par une pensée simple : « J'ai eu la chance d'être témoin de l'impact incroyable de mes dons, et maintenant, je suis ravi de pouvoir y contribuer plus directement. » Une déclaration qui résume l'esprit de cette union, où l'amour et la générosité se mêlent pour écrire une nouvelle page de l'histoire philanthropique mondiale.
Source:leparisien.fr News
