
Le Tribunal de grande instance de Dakar a rendu une décision favorable à Khaby Lame dans son litige avec Expresso. L’opérateur de télécommunications doit cesser d’exploiter l’image de Serigne Khabane Lame, connu mondialement sous le nom de Khaby Lame, et retirer les affiches installées sur le mur de ses quartiers. Le juge a assorti cette injonction d’une astreinte d’un million de francs CFA par jour de retard, à compter de la signification de l’ordonnance. Cette décision marque une étape importante dans un différend né de l’utilisation d’une image devenue un actif commercial majeur.
Les faits essentiels
- Le Tribunal de grande instance de Dakar a donné raison à Khaby Lame face à Expresso.
- Expresso doit arrêter l’exploitation de l’image de Serigne Khabane Lame et enlever les affiches de ses murs.
- Une astreinte d’un million de francs CFA par jour de retard a été fixée à compter de la signification.
- La société Iron Corporation Slr, qui gère l’image de l’influenceur, reproche à Expresso d’avoir utilisé cette image de manière illégale.
- Le contrat initial avait été signé le 17 janvier 2022 pour 90 000 euros, soit près de 60 millions de francs CFA.
- Le plaignant réclamait 10 milliards de francs CFA pour le préjudice subi.
Une décision qui encadre l’usage de l’image
Le cœur du litige porte sur l’utilisation de l’image de Khaby Lame après la fin de la relation contractuelle. Selon la décision rendue en premier ressort, le juge a ordonné à Expresso de cesser l’exploitation de l’image de Serigne Khabane Lame et de procéder à l’enlèvement des affiches sur le mur abritant ses quartiers. L’ordonnance prévoit une astreinte d’un million de francs CFA par jour de retard, ce qui signifie que chaque journée de non-exécution après la signification peut alourdir la charge financière de l’entreprise. Ce mécanisme vise à garantir que la décision ne reste pas théorique et que le retrait des supports publicitaires intervienne rapidement.
La portée de la décision dépasse le simple retrait matériel d’affiches. Elle rappelle qu’une entreprise ne peut pas continuer à exploiter l’image d’une personne dès lors que l’autorisation contractuelle a pris fin. Dans le domaine de la publicité, l’image d’une célébrité est un actif économique. Son usage suppose un accord clair, une durée définie et une rémunération. Lorsque ces conditions ne sont plus réunies, la poursuite de l’exploitation expose l’annonceur à des sanctions judiciaires.
Le contrat de janvier 2022 et ses suites
Le contrat entre les parties avait été signé le 17 janvier 2022 pour un montant de 90 000 euros, soit près de 60 millions de francs CFA. Ce type d’accord confie généralement à une marque le droit d’utiliser l’image d’un créateur pour une campagne, une durée et des supports déterminés. La fin du contrat devait donc mettre fin à l’autorisation d’exploitation. Pourtant, selon les éléments rapportés, plus d’un an et demi après la fin de la relation contractuelle, l’image de Khaby Lame aurait continué d’apparaître dans des campagnes publicitaires.
La société Iron Corporation Slr, qui gère l’image de l’influenceur, a contesté cette situation. Elle reprochait au Groupe Expresso Télécom, maison mère d’Expresso Sénégal, d’utiliser de manière illégale l’image de Serigne Khabane Lame. Une assignation a été servie à l’opérateur, avec une demande de 10 milliards de francs CFA pour le préjudice subi. Ce montant considérable montre l’importance économique que les parties accordent à l’image de la star et à l’exploitation commerciale de sa notoriété.
Qui est Khaby Lame ?
Serigne Khabane Lame, plus connu sous le nom de Khaby Lame, est un créateur de contenu d’origine sénégalaise devenu l’une des figures les plus suivies au monde sur les réseaux sociaux. Né au Sénégal, il a grandi en Italie et a construit une audience massive grâce à des vidéos courtes, souvent sans parole, dans lesquelles il réagit avec un humour silencieux à des démonstrations jugées inutilement compliquées. Son style a été salué pour sa simplicité et son universalité, ce qui lui a permis de dépasser les barrières linguistiques.
Au fil des années, Khaby Lame est passé du statut de créateur viral à celui de marque internationale. Son image est associée à des campagnes publicitaires, des collaborations avec de grandes entreprises et des apparitions médiatiques. Cette transition illustre la manière dont les influenceurs peuvent devenir des acteurs économiques de premier plan. Leur notoriété ne se mesure plus seulement en abonnés, mais aussi en contrats, en droits d’image et en capacité à attirer des marques. L’affaire Expresso montre que la gestion de cette notoriété exige un cadre juridique rigoureux.
Les enjeux juridiques du contrat et du droit à l’image
Deux questions principales se posent dans ce type de litige. La première concerne l’étendue des droits cédés par le contrat. Une marque peut-elle utiliser l’image du créateur sur tous les supports, sans limite de durée, ou l’autorisation est-elle strictement encadrée ? La seconde concerne la protection du droit à l’image. Même lorsqu’un contrat a existé, l’utilisation de l’image doit respecter la volonté de la personne et les termes de l’accord. Une fois le contrat terminé, l’autorisation cesse en principe de produire ses effets.
La décision du tribunal de Dakar s’inscrit dans cette logique. En ordonnant la cessation de l’exploitation et le retrait des affiches, le juge rappelle que le contrat ne peut pas être prolongé de fait par l’inaction ou par la seule volonté de l’annonceur. L’astreinte d’un million de francs CFA par jour de retard renforce cette exigence. Elle constitue un outil de pression financière destiné à assurer l’exécution de la décision. Dans les litiges commerciaux, ce type de mesure est souvent décisif pour éviter que la partie condamnée ne tarde à se conformer à la décision.
Le dossier pose également la question de la réparation du préjudice. La demande de 10 milliards de francs CFA formulée par la société gestionnaire de l’image illustre l’ampleur des pertes alléguées. La décision rapportée met surtout l’accent sur l’injonction de cessation et sur l’astreinte. La question des dommages et intérêts peut dépendre des preuves produites, de la durée de l’exploitation contestée et de l’évaluation du préjudice commercial. Les juridictions sont généralement attentives à la réalité du préjudice et à la proportionnalité des montants réclamés.
Un signal pour le marketing d’influence en Afrique
Cette affaire intervient dans un contexte où les marques africaines investissent davantage dans les créateurs de contenu. Les influenceurs sont devenus des partenaires commerciaux recherchés, notamment dans les télécommunications, la mode, la beauté, l’alimentation et les services numériques. Les campagnes peuvent atteindre des audiences considérables et générer des retombées importantes. Mais cette professionnalisation s’accompagne d’exigences juridiques croissantes. Les contrats doivent préciser la durée, les supports, les territoires, les modalités de renouvellement, la rémunération et les conséquences de la fin de la collaboration.
Pour les entreprises, l’enjeu est double. Il s’agit de préserver leur image de marque tout en respectant les droits des créateurs. Une campagne qui continue après l’expiration d’un contrat peut non seulement exposer l’annonceur à des poursuites, mais aussi fragiliser sa réputation auprès du public et des partenaires. Pour les influenceurs, la décision rappelle l’importance de s’entourer de conseils juridiques et de documenter précisément les autorisations accordées. La clarté contractuelle protège les deux parties et réduit le risque de conflit.
Le secteur des télécommunications est particulièrement concerné. Les opérateurs utilisent régulièrement des visages connus pour promouvoir leurs offres, leurs services ou leurs opérations commerciales. Ces campagnes impliquent des investissements importants et une visibilité forte. Elles supposent donc une gestion rigoureuse des droits d’image. L’affaire Khaby Lame contre Expresso pourrait devenir une référence pour les acteurs du marché, en montrant qu’un contrat mal clôturé ou mal surveillé peut conduire devant les tribunaux.
L’ampleur du litige et ses implications
Le montant du contrat initial, 90 000 euros, donne la mesure de la relation commerciale établie entre les parties. Il ne s’agit pas d’une simple collaboration ponctuelle, mais d’un accord portant sur l’exploitation de l’image d’une personnalité mondialement connue. La fin de ce contrat aurait dû entraîner l’arrêt des campagnes concernées. Le fait que l’image ait continué à être utilisée, selon les éléments rapportés, a conduit à une action en justice et à une décision judiciaire. L’astreinte d’un million de francs CFA par jour de retard montre que le tribunal a pris la mesure de l’enjeu.
La demande de 10 milliards de francs CFA pour le préjudice subi souligne également l’importance de l’image de Khaby Lame dans l’économie de l’influence. Les créateurs
Source:Leral.net - Sénégal News
