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Donald Trump pourrait rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pendant sa tournée en Asie

Oct 14, 2026  Twila Rosenbaum 28 views
Donald Trump pourrait rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pendant sa tournée en Asie

Le président américain Donald Trump a ouvert la porte à une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en marge de sa prochaine tournée en Asie, prévue en novembre. Interrogé à la Maison Blanche lundi, il a répondu « peut-être » lorsqu'un journaliste lui a demandé si une telle possibilité existait. « Ce serait intéressant, non ? Je m'entends bien avec lui », a-t-il ajouté, relançant les spéculations sur une nouvelle séquence diplomatique entre Washington et Pyongyang.

La déclaration intervient alors que Donald Trump doit participer au sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique, l'APEC, qui se tiendra en novembre à Shenzhen, dans le sud de la Chine. Selon des informations de presse hongkongaise, le président américain compte également assister au sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, l'ASEAN, aux Philippines, avant la réunion de l'APEC. Ce déplacement asiatique pourrait offrir une fenêtre logistique pour une rencontre avec Kim Jong-un, même si aucune confirmation officielle n'a été donnée à ce stade.

Une ouverture conditionnelle à la Maison Blanche

Donald Trump a manifesté à plusieurs reprises son souhait de discuter avec Kim Jong-un. Lundi, il a de nouveau présenté positivement la possibilité d'un dialogue avec le dirigeant nord-coréen. « Peut-être », a-t-il répondu, avant de souligner la relation personnelle qu'il entretient avec Kim. Cette formulation, volontairement vague, laisse entendre que rien n'est planifié, mais que l'option reste sur la table. Elle rappelle la méthode de diplomatie personnelle qui avait caractérisé son premier mandat, lorsqu'il avait accepté de rencontrer Kim sans conditions préalables, au risque de bousculer les usages diplomatiques.

La Maison Blanche n'a pas confirmé de projet de rencontre. Aucune date, aucun lieu et aucun ordre du jour n'ont été annoncés. Pourtant, la simple évocation d'un tel face-à-face suffit à raviver l'attention internationale sur le dossier nucléaire nord-coréen, longtemps considéré comme l'une des crises les plus dangereuses de la planète. La tournée asiatique de Donald Trump, qui doit le conduire en Chine et aux Philippines, pourrait servir de cadre à une diplomatie spectaculaire, ou au contraire rester une simple déclaration d'intention sans suite.

Un précédent diplomatique hors norme

Pour comprendre la portée de ces propos, il faut revenir sur l'histoire récente des relations entre Donald Trump et Kim Jong-un. Après une année 2017 marquée par des tensions extrêmes, des essais de missiles nord-coréens et des échanges d'insultes, les deux hommes avaient surpris le monde en acceptant de se rencontrer. Le premier sommet Trump-Kim s'était tenu à Singapour en juin 2018. Il avait abouti à une déclaration conjointe dans laquelle Pyongyang s'engageait à œuvrer pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne, tandis que Washington promettait des garanties de sécurité. Mais aucun calendrier précis ni mécanisme de vérification n'avait été défini.

Un deuxième sommet s'était déroulé à Hanoï, au Vietnam, en février 2019. Il s'était achevé sans accord, les deux parties n'ayant pas réussi à concilier les exigences américaines de dénucléarisation complète et les demandes nord-coréennes d'allègement des sanctions. Quelques mois plus tard, en juin 2019, Donald Trump et Kim Jong-un s'étaient retrouvés dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées. Cette rencontre, très symbolique, avait été présentée comme un geste d'apaisement, mais elle n'avait pas permis de relancer des négociations de fond. Depuis, le processus diplomatique est resté largement bloqué.

Les enjeux d'une nouvelle rencontre

Une nouvelle rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un soulèverait des enjeux considérables. Pour Washington, l'objectif affiché demeure la dénucléarisation complète et vérifiable de la Corée du Nord. Pyongyang, de son côté, cherche à faire reconnaître son statut de puissance nucléaire, à obtenir un allègement des sanctions internationales et à sécuriser son régime. Ces positions paraissent difficilement conciliables. Une simple poignée de main ne suffirait pas à résoudre des décennies de méfiance, de violations d'accords et de course aux armements.

Les alliés des États-Unis en Asie suivent le dossier avec une attention particulière. La Corée du Sud, qui reste techniquement en guerre avec la Corée du Nord, souhaite éviter une escalade militaire et préserver les canaux de dialogue intercoréens. Le Japon, exposé aux tirs de missiles nord-coréens, redoute qu'un accord trop favorable à Pyongyang ne remette en cause sa sécurité. La Chine, hôte du sommet de l'APEC à Shenzhen, joue un rôle central dans l'équation. Pékin dispose d'une influence économique et diplomatique sur Pyongyang, même si les relations entre les deux pays ont évolué au fil des années.

La tournée asiatique de Donald Trump

Le déplacement de Donald Trump en Asie s'annonce dense. Le sommet de l'APEC à Shenzhen réunira les principales économies de la région autour de questions de commerce, d'investissement et de coopération économique. Pour Washington, il s'agira de réaffirmer son engagement dans l'Indo-Pacifique, face à une Chine de plus en plus assertive. Le sommet de l'ASEAN aux Philippines, qui précédera l'APEC, portera sur la sécurité régionale, la mer de Chine méridionale, la Birmanie et la coopération face aux défis transfrontaliers.

Dans ce contexte, une rencontre avec Kim Jong-un pourrait être présentée comme un moment fort de la tournée. Elle pourrait se tenir en marge de l'APEC, dans un lieu tiers, ou même dans la zone démilitarisée. Les options logistiques sont nombreuses, mais chacune pose des problèmes de sécurité, de protocole et de préparation. Une rencontre improvisée entre deux dirigeants dotés de l'arme nucléaire comporte des risques évidents. Les équipes américaines et nord-coréennes devraient au minimum s'accorder sur l'ordre du jour, les gestes symboliques et les messages publics.

Réactions et attentes internationales

Les réactions à la déclaration de Donald Trump devraient être prudentes. À Séoul, les responsables sud-coréens pourraient saluer toute initiative de dialogue, tout en insistant sur la nécessité d'une coordination étroite avec Washington. À Tokyo, la prudence dominerait, car le Japon craint qu'une reconnaissance implicite du statut nucléaire nord-coréen n'affaiblisse sa propre position. À Pékin, une rencontre sur le sol chinois ou en marge d'un sommet asiatique serait perçue comme un signe d'influence diplomatique. À Moscou, qui a renforcé ses liens avec Pyongyang ces dernières années, l'évolution serait observée de près.

Les experts restent partagés. Certains estiment qu'une nouvelle rencontre pourrait créer une dynamique positive, geler les essais nucléaires et ouvrir la voie à des discussions plus techniques. D'autres jugent qu'elle offrirait à Kim Jong-un une légitimité internationale sans obtenir de concessions concrètes. L'histoire des sommets précédents plaide pour la prudence : les déclarations d'intention n'ont pas empêché la Corée du Nord de poursuivre le développement de son arsenal. Un sommet réussi se mesurerait moins à l'image qu'à des engagements vérifiables.

Kim Jong-un et la stratégie nord-coréenne

Kim Jong-un a considérablement consolidé son pouvoir depuis son arrivée à la tête de la Corée du Nord en 2011. Sous sa direction, Pyongyang a accéléré ses programmes nucléaire et balistique, malgré les sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies. En 2023 et 2024, la Corée du Nord a multiplié les tirs d'essai et affiché sa volonté de renforcer sa dissuasion. Pyongyang a également modifié sa position officielle sur la réunification, présentant la Corée du Sud comme un État hostile. Ces évolutions rendent encore plus complexe toute négociation de dénucléarisation.

Pour Kim Jong-un, une rencontre avec Donald Trump présenterait plusieurs avantages. Elle pourrait affaiblir la pression internationale, diviser les alliés et obtenir une forme de reconnaissance. Mais elle comporte aussi des risques : apparaître comme un dirigeant prêt à céder sous la pression américaine, ou susciter des attentes qu'il ne pourra pas satisfaire. Pyongyang a souvent conditionné le dialogue à l'abandon des exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul, ou à la levée de certaines sanctions. Ces conditions restent des points de blocage majeurs.

Quelles conditions pour une rencontre ?

Si une rencontre devait se concrétiser, plusieurs questions resteraient à trancher. Où se tiendrait-elle ? À Shenzhen, en marge de l'APEC ? Aux Philippines, pendant le sommet de l'ASEAN ? Dans la zone démilitarisée, lieu hautement symbolique ? Ou dans un pays neutre comme la Suède, la Suisse ou Singapour ? Chaque option a des implications diplomatiques. Une rencontre en Chine renforcerait le rôle de Pékin comme intermédiaire. Une rencontre dans la DMZ aurait une forte charge émotionnelle. Une rencontre dans un pays tiers offrirait un cadre plus neutre.

La préparation serait tout aussi délicate. Les précédents sommets avaient nécessité des mois de négociations préalables. Une rencontre annoncée à la hâte pourrait se transformer en échec médiatique. Les États-Unis exigeraient probablement des signaux concrets de la part de Pyongyang : suspension des essais, retour d'inspecteurs, ou engagement écrit sur la dénucléarisation. La Corée du Nord, de son côté, voudrait des garanties de sécurité et un assouplissement des sanctions. Sans compromis préalable, le face-à-face risquerait de se limiter à un échange de politesses.

Un pari diplomatique à hauts risques

Pour Donald Trump, l'enjeu est aussi politique. Une rencontre avec Kim Jong-un lui permettrait de revendiquer un rôle de faiseur de paix et de se distinguer sur la scène internationale. Ses partisans y verraient la preuve que sa méthode de diplomatie directe fonctionne. Ses adversaires, en revanche, l'accuseraient de faire le jeu d'un dictateur sans obtenir de résultats concrets. L'opinion publique américaine reste méfiante à l'égard de la Corée du Nord, et un accord trop favorable à Pyongyang pourrait être critiqué.

Les alliés des États-Unis attendent des garanties. Ils veulent être consultés et rassurés. Une rencontre bilatérale sans coordination préalable pourrait semer la confusion. La Corée du Sud craint d'être mise à l'écart. Le Japon redoute un accord qui affaiblirait sa position. L'Australie et d'autres partenaires de la région suivent également le dossier. Pour Washington, l'équilibre est délicat : il faut maintenir la pression sur Pyongyang tout en gardant la porte ouverte au dialogue.

Ce que l'on sait pour l'instant

  • Donald Trump a déclaré lundi qu'il « pourrait » rencontrer Kim Jong-un pendant sa tournée en Asie.
  • Il a répondu « peut-être » et a ajouté : « Ce serait intéressant, non ? Je m'entends bien avec lui. »
  • Il doit participer au sommet de l'APEC en novembre à Shenzhen, dans le sud de la Chine.
  • Il compte aussi assister au sommet de l'ASEAN aux Philippines avant l'APEC.
  • Aucune confirmation officielle de rencontre n'a été donnée.
  • Donald Trump a répété son souhait de discuter avec Kim Jong-un et a présenté positivement la possibilité d'un dialogue.

Les prochaines semaines seront déterminantes. Les équipes diplomatiques pourraient discuter en coulisses pour préparer une éventuelle rencontre. La Corée du Nord n'a pas encore réagi publiquement à la déclaration de Donald Trump. Pyongyang pourrait choisir de garder le silence, de poser des conditions ou de rejeter l'idée. Washington, de son côté, devra clarifier ses intentions. Une rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un pendant la tournée asiatique de novembre reste, à ce stade, une possibilité non confirmée, suspendue à des décisions politiques et à des préparatifs techniques d'une grande complexité.


Source:NHK WORLD News


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