Bip America News

collapse
Home / Daily News Analysis / Comment Vladimir Poutine est est devenu le leader de la Russie

Comment Vladimir Poutine est est devenu le leader de la Russie

Oct 26, 2026  Twila Rosenbaum 10 views
Comment Vladimir Poutine est est devenu le leader de la Russie

Le 17 mars 2024, Vladimir Poutine a été réélu à la présidence de la Fédération de Russie pour un mandat de six ans, prolongeant une domination politique commencée à la fin des années 1990. À 71 ans, l’ancien officier du KGB incarne un pouvoir centralisé, personnalisé et verrouillé, dont les origines remontent à une enfance modeste dans l’URSS d’après-guerre. Son parcours, souvent présenté comme une succession de coups de chance et de manœuvres calculées, permet de comprendre comment un homme que rien ne semblait prédestiner à diriger le pays est devenu l’une des figures les plus puissantes et les plus contestées du monde contemporain.

Les faits clés

  • Vladimir Vladimirovitch Poutine est né le 7 octobre 1952 à Léningrad, aujourd’hui Saint-Pétersbourg.
  • Il a été réélu le 17 mars 2024 pour un mandat de six ans, après avoir déjà exercé la présidence de 2000 à 2008, puis depuis 2012.
  • Ancien agent du KGB, il a été affecté à Dresde, en RDA, dans les années 1980.
  • Il a été premier adjoint au maire de Saint-Pétersbourg avant de rejoindre l’administration présidentielle à Moscou en 1997.
  • Nommé Premier ministre en 1999, il est devenu président par intérim le 31 décembre 1999 après la démission de Boris Eltsine.
  • Il a été élu président en 2000, réélu en 2004, puis a occupé le poste de Premier ministre de 2008 à 2012 sous Dmitri Medvedev.
  • Il a ordonné l’annexion de la Crimée en 2014 et lancé l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022.
  • Les réformes constitutionnelles de 2020 lui permettent, en théorie, de rester au pouvoir jusqu’en 2036.

Une enfance dans la Léningrad d’après-guerre

Vladimir Poutine voit le jour le 7 octobre 1952 à Léningrad, dans une famille très modeste. Ses parents, Maria Ivanovna et Vladimir Spiridonovitch, ont perdu deux fils en bas âge; il est le seul survivant de la fratrie. Sa mère travaille comme ouvrière, tandis que son père est un ancien combattant. Le récit familial insiste souvent sur la figure du grand-père, Spiridon Poutine, qui aurait été cuisinier au service de la famille impériale des Romanov, puis de Lénine et de Staline. Ce détail, régulièrement rappelé dans les biographies officielles, donne à l’enfance du futur président une coloration à la fois ordinaire et symbolique.

Dans les années 1950 et 1960, Léningrad est une ville marquée par la reconstruction, la pénurie et la présence de réseaux criminels. Le jeune Vladimir n’est pas un élève modèle. Sa biographie officielle le décrit comme un enfant médiocre et bagarreur, façonné par les règles brutales de la rue. Cette période lui inculque une discipline de fer et un sens aigu de la survie. À 11 ans, il découvre le judo, une passion qui ne le quittera plus. Il atteindra la ceinture noire et fera du sport une pratique quotidienne, presque une méthode de gouvernement: maîtrise de soi, endurance, rapport de force et sang-froid.

Le rêve d’espion

Très tôt, Vladimir Poutine rêve de devenir espion. À 16 ans, il tente d’entrer au KGB, mais sa candidature est rejetée. Il s’inscrit alors en droit à l’université de Léningrad, où il se révèle parmi les meilleurs étudiants. Une fois diplômé, il parvient enfin à intégrer les services de renseignement soviétiques. Il commence comme subalterne avant d’être affecté au contre-espionnage. Dans ce cadre, il est notamment chargé de la lutte contre les dissidents et les «éléments anti-soviétiques», une mission qui témoigne de son intégration dans l’appareil répressif de l’URSS.

En 1983, il épouse Lyudmila Alexandrovna Chkrebneva, une ancienne hôtesse de l’air rencontrée l’année précédente. Le couple aura deux filles, Maria, née en 1985, et Ekaterina, née en 1986. Toutes deux resteront largement absentes de la vie publique, leur père cultivant une discrétion extrême autour de sa famille. Cette protection, parfois interprétée comme une méfiance envers les vulnérabilités personnelles, accompagne l’image d’un homme qui ne livre presque rien de son intimité. Le couple annoncera sa séparation en 2013, mettant fin à des années de spéculation.

Dresde et la chute du bloc soviétique

À partir d’août 1985, Vladimir Poutine est envoyé à Dresde, en RDA, pour son premier poste à l’étranger. Officiellement, il travaille comme employé consulaire; officieusement, il participe à des opérations de renseignement et au recrutement d’agents. Cette expérience allemande est souvent présentée comme une étape décisive. Elle lui permet d’observer de l’intérieur le fonctionnement d’un régime communiste, mais aussi les failles d’un empire en voie d’effondrement.

La chute du mur de Berlin et la fin de l’Allemagne de l’Est, à la fin des années 1980, le marquent profondément. Selon plusieurs observateurs, il en garde une conviction durable: Moscou aurait mal négocié la fin de la Guerre froide et aurait laissé se développer un déséquilibre stratégique au profit de l’Occident. La promesse, prêtée à l’Otan, de ne pas s’étendre vers l’Est devient dès lors un argument récurrent dans sa vision des relations internationales. Ce traumatisme supposé nourrira, des années plus tard, sa rhétorique anti-occidentale et sa volonté de restaurer une zone d’influence russe.

L’ascension à Saint-Pétersbourg

De retour en Russie, Vladimir Poutine entame dans les années 1990 une carrière politique locale qui va changer son destin. Il devient l’un des conseillers les plus influents de la mairie de Léningrad, rebaptisée Saint-Pétersbourg. Autour de lui se constitue un réseau fidèle, composé d’hommes d’affaires, de fonctionnaires et de relations issues des services de renseignement. Ce cercle l’accompagnera ensuite jusqu’au Kremlin.

En 1994, le maire Anatoli Sobtchak le nomme premier adjoint. Vladimir Poutine y joue le rôle du second discret, loyal et efficace. Il cultive l’image d’un homme de dossier, capable de gérer les affaires sensibles sans revendiquer le devant de la scène. Cette posture de serviteur apparemment inoffensif lui permet de gravir les échelons sans susciter trop de méfiance. Pourtant, son influence réelle ne cesse de croître. En 1997, avec l’appui d’oligarques influents, il rejoint l’administration du président Boris Eltsine à Moscou.

Un président affaibli, un successeur ambitieux

À cette époque, Boris Eltsine est englué dans les scandales, les soupçons de corruption et une impopularité croissante. Son entourage cherche un homme capable de rétablir l’ordre et de protéger les intérêts du pouvoir. Vladimir Poutine apparaît comme une solution idéale: discipliné, discret, issu des services de sécurité et peu susceptible de menacer les équilibres existants. En quelques années, il devient responsable de la sécurité, puis directeur des services secrets, avant d’être nommé Premier ministre en 1999.

Son ascension s’accompagne d’une communication soigneusement travaillée. Lors d’une conférence de presse, il prononce une phrase restée célèbre sur la nécessité de poursuivre les terroristes partout, y compris dans les toilettes. Cette formule brutale lui vaut une forte hausse de popularité. Elle résume aussi le style qui va s’imposer: langage direct, promesse de fermeté, mise en scène de la virilité et de la détermination. Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine annonce sa démission pour raisons de santé. Vladimir Poutine devient président par intérim.

Les premières années au Kremlin

En 2000, Vladimir Poutine est élu président de la Fédération de Russie. Très vite, il donne le ton face aux oligarques. Lors d’une réunion avec les plus grands milliardaires du pays, il aurait averti qu’il ne tolérerait pas les tentatives de bloquer son autorité comme elles avaient pu le faire avec son prédécesseur. La menace est claire. Les hommes d’affaires les plus exposés comprennent qu’ils doivent choisir entre l’allégeance et la confrontation. Plusieurs quitteront le pays ou seront poursuivis, tandis que d’autres se mettront au service du pouvoir.

Les premières années de sa présidence sont marquées par une concentration des pouvoirs, un renforcement des services de sécurité, de la police et de l’armée, ainsi que par une reprise économique portée notamment par les prix des hydrocarbures. Le contrôle sur


Source:watson.ch/fr News


Share:

Your experience on this site will be improved by allowing cookies Cookie Policy